top of page
Rechercher

Monday IINspiration"La politique de l’autruche : et si la prévention était le superpouvoir du leadership qu’on ignore ?"


La semaine dernière, j’ai eu l’opportunité d’assister à un débat de haut niveau sur la géopolitique, organisé par le Cercle de Wallonie. La discussion était dense, intelligente… et un peu inquiétante. Les intervenants ont partagé leurs points de vue sur les bouleversements actuels : guerre, polarisation, instabilité, menaces croissantes. Un cocktail d’actualité intense, qui demande de la concentration, de la réflexion — et du courage.

À la fin du débat, je suis allée remercier Pascal Boniface, fondateur et directeur de l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), et j’en ai profité pour acheter son livre. Je lui ai confié très honnêtement :



“Une partie de mon cerveau et de mon cœur comprend ce que vous dites, je sens à quel point c’est important… mais une autre partie de moi a juste envie d’oublier tout ça et de retourner à ma vie quotidienne.”

Il m’a souri doucement, et m’a simplement répondu :

“N’ayez pas peur. Mais souvenez-vous : la politique de l’autruche n’est jamais une solution.”

Cette phrase ne m’a plus quittée depuis.

La politique de l’autruche : un réflexe humain ?

On l’a tous fait : face à un sujet trop grand, trop complexe ou trop angoissant, on évite. On reporte. On se distrait. On minimise. On fait comme si ce n’était pas là. C’est ce qu’on appelle la politique de l’autruche : si je ne regarde pas le problème, peut-être qu’il me laissera tranquille…

Mais ignorer une tempête n’a jamais empêché qu’elle éclate.

Et comme l’a rappelé Pascal Boniface, ce réflexe — bien qu’humain — ne nous aide pas. Ni en géopolitique, ni dans la vie personnelle, ni dans les organisations.


La politique de l’autruche dans les organisations : quand on réagit au lieu de prévenir

Depuis ce soir-là, je réfléchis à la manière dont cette dynamique s’incarne dans notre quotidien de dirigeants, d’entrepreneurs, de RH ou de membres d’équipe.

On sait qu’il faut investir dans le développement humain, le bien-être, les compétences de demain. On en parle. On lit les études. On s’inquiète des burnouts, du manque de femmes dans les postes à responsabilités, de la démotivation, de la charge mentale, du manque de sens, de l’épuisement. Mais… combien d’actions concrètes sont mises en place avant que la crise n’éclate ?

Et les excuses sont bien huilées :

👉 “On n’a pas le temps.”

👉 “On n’a pas le budget.”

👉 “Ça fait des années qu’on en parle… mais soyons honnêtes, ça ne changera pas.”

Alors on attend. Et on réagit.

Mais la prévention — même si elle est moins visible — est mille fois plus puissante que la réaction. Voici quelques exemples concrets.

Burnout et bien-être : agir avant l’effondrement

Le burnout est en forte augmentation. On le sait. Pourtant, beaucoup d’organisations continuent à le traiter comme un problème individuel.

“Oui, les gens sont fatigués… mais que voulez-vous qu’on fasse ? On n’est pas psy.”

Sauf que si, on peut faire quelque chose.

On peut intégrer des pratiques de bien-être dans la culture du travail : exercices de respiration, temps de pause, feedback de qualité, clarté sur les attentes, alimentation saine, mouvement, flexibilité, respect du rythme. Ce ne sont pas des “à-côtés”. Ce sont les bases d’une performance durable.

Femmes et leadership : changer le système, pas les femmes

Autre exemple classique : le manque de femmes dans les postes de direction.

“Oui, on sait… mais les femmes ne veulent pas ce genre de vie.”

Vraiment ? Ou bien on continue à proposer un modèle de leadership pensé pour et par un seul type de profil ?

La prévention, ici, c’est revoir les normes. Redéfinir les parcours. Offrir plusieurs manières d’exercer un leadership fort, sans renoncer à soi. C’est faire de la place, au lieu de demander de s’adapter.

Générations 50+ : loyauté ignorée, potentiel gâché

Combien de fois ai-je entendu parler des 50 ans et + comme des collaborateurs “fiables”, “loyaux”, “un peu largués sur le digital mais précieux”… et pourtant, aucune perspective de développement.

“On verra quand ils partiront. Si besoin, on leur proposera un plan de sortie.”

Et ce sont les mêmes entreprises qui se plaignent du manque de loyauté des jeunes générations.

C’est une erreur stratégique. On a là un gisement de savoir, de stabilité, de transmission… qu’on néglige parce que le ROI n’est pas immédiat. Et ensuite, on s’étonne du désengagement.

Prévenir, c’est invisible — jusqu’à ce que ce soit trop tard

La difficulté avec la prévention ? C’est qu’elle est invisible quand elle fonctionne.Quand on empêche un burnout… il ne se passe rien.Quand la culture est saine… les conflits diminuent, mais on ne voit pas toujours qu’est-ce qui a marché.Quand la transition de leadership est bien préparée… elle paraît facile, et on oublie le chaos évité.

Et c’est pour cela qu’on ignore souvent la prévention. Mais c’est aussi pour cela qu’elle est puissante. Durable. Responsable. Visionnaire.

Elle demande de faire des choix alignés avec le long terme — pas avec la pression du moment.

Un appel au courage

Choisir la prévention, c’est un acte de leadership.

C’est faire face à ce qu’on préférerait éviter.C’est investir dans ce qui ne “pique pas encore”.C’est bâtir des structures où l’humain peut grandir, pas juste “tenir”.C’est dire : “On voit la vague arriver. On ne va pas l’ignorer — on va s’y préparer.”

Que ce soit en politique, en entreprise, ou dans la vie : enfouir la tête dans le sable, c’est juste s’empêcher de voir. Mais ça ne fait pas disparaître le danger.

Alors en ce lundi, je vous propose une question simple :

Où est-ce que je fais l’autruche ?Et où pourrais-je commencer à anticiper, construire, prévenir ?

Parce que le courage, ce n’est pas de ne pas avoir peur.C’est de choisir de ne pas laisser la peur décider à notre place.

Avec engagement,

Laura

Fondatrice & Coach @ Coachiin

 
 
 

Commentaires


bottom of page